Toutes ces fausses croyances qui desservent nos chiens.

Toutes ces fausses croyances qui desservent nos chiens.

Les mythes sur les chiens et leur éducation sont nombreux. Très nombreux. Trop nombreux.
En réalité, il y a tellement de croyances populaires à ce sujet, que cet article pourrait se révéler sans fin.
Aussi je vais d’ores et déjà faire un découpage en vous proposant trois grandes catégories de clichés canins, qui se diviseront entre :
– Ceux hérités de la théorie de la dominance.
– Ceux relatifs à l’éducation canine.
– Les autres, plus généraux.

Bonne lecture, mais attention, les œillères risquent de tomber ! 😉

1. Les fausses croyances héritées de la théorie de la dominance.

Dans les années 1940, Rudolf Schenkel, un zoologiste allemand a étudié le comportement d’une dizaine de loups en captivité, qui ne se connaissaient pas. auparavant. L’agressivité générée au sein des groupes a invité le scientifique à conclure que les loups vivaient selon un modèle hiérarchique précis où se dessinait un mâle alpha qui assurait sa position de chef vis à vis des loups oméga, en entretenant un rapport de force envers les « soumis ». À cette époque, on pensait encore que le chien descendait du loup (on sait aujourd’hui qu’ils sont simplement cousins, comme nous pouvons l’être avec les grands singes), c’est pourquoi il semblait logique de suggérer que cette hiérarchie, ce schéma de dominance s’appliquait également aux chiens. Ces observations sont validées en 1970 par David Mech, un zoologiste américain, qui reviendra pourtant sur ses dires une trentaine d’années plus tard, et réfute encore aujourd’hui cette théorie. Malheureusement, cette idée s’était déjà frayé un chemin dans la culture populaire.

Pour aborder très rapidement la dominance, il faut bien comprendre que les comportements émis par nos chiens sont situationnels, et non figés dans le temps ! Notre chien modifie son comportement en fonction de l’individu (canin ou non) qui lui fait face, de la situation, de l’environnement, etc.. Aussi, qualifier son chien de « dominant » ou de « soumis » revient à lui apposer une étiquette. Et le problème d’une étiquette, c’est qu’elle peut très rapidement devenir une fausse croyance qui, le plus souvent, dessert notre chien.

« Mon chien mange avant moi, monte sur le canapé, me mordille, dort dans le lit, parce qu’il est dominant. »

Au vue des récentes études scientifiques, nous sommes aujourd’hui en mesure d’affirmer qu’il n’existe aucune hiérarchie interspécifique. Cela signifie que la « dominance » n’existe pas entre deux espèces différentes : un chien ne peut donc pas dominer un humain (ou un chat, un lapin, un cheval, etc). Et non… Les chiens ne cherchent pas à dominer le monde ! 😉
Comme nous l’avons évoqué plus haut, la « dominance » n’est, entre autres, pas figée dans le temps. On préférera parler plutôt d’accès aux ressources. Nos chiens peuvent ainsi avoir accès à certaines ressources (canapé, humain, nourriture, etc…) dans un cadre précis. Pour cela, nous devons apprendre, et ce de façon respectueuse, à nos chiens certains apprentissages : descendre sur demande, donner un os, ne pas sauter sur les invités, etc.. Il n’appartient qu’à nous de faire preuve de cohérence.


« Je suis le chef de meute, je dois pouvoir reprendre sa nourriture à mon chien quand j’en ai envie. Je le lui apprends en l’embêtant pendant ses repas. »

Alors oui…. Et non.
En effet, s’il est indispensable de pouvoir récupérer ce que votre chien mange (gamelle, os, déchet, chaussette, etc..) sans se mettre en danger, il est préférable de le lui apprendre de façon raisonnable. Imaginez-vous au restaurant, le serveur vient enfin vous apporter le délicieux burger que vous avez commandé plus tôt, avant de repartir aussi sec avec. Quels seraient vos émotions ? Auriez-vous envie d’être ami avec ce serveur ? Ou vous en méfieriez-vous ?
Ainsi, plutôt que de menacer ou de voler sa nourriture au chien (ces méthodes vont de plus envenimer la situation et agraver le problème), nous allons plutôt échanger et apprendre à partager. Nul besoin de lui tirer les oreilles pendant ses repas !


« Je ne joue pas à la bagarre, ni au tire à la corde avec mon chien parce qu’on m’a dit que ça les rendait agressifs. »

Bien que cela soit souvent le discours défendu dans les vieux livres d’éducation canine à la couverture défraichie ; aujourd’hui, aucune étude ne vient approuver cette hypothèse.
Ces jeux peuvent tout à fait être sains s’ils sont encadrés par des règles simples ; il s’agit même d’une occasion rêvée de travailler le « Lâche » ou les auto-contrôles ! C’est notamment à travers des sessions récréatives que votre chien apprendra à utiliser sa gueule et maîtriser la puissance de sa morsure.
N’oublions pas que ce sont là des activités naturelles qui répondent aux besoins du chien ! Ce n’est pas parce qu’il apprends à tirer sur un jouet, qu’il reproduira ce comportement sur le premier objet venu. Aussi, entre vous et moi, ne préférez-vous pas qu’il décharge toute son énergie sur un jouet approprié plutôt que sur votre nouvelle robe, le canapé ou même vos mains ? 😉


« Quand mon chien me grogne dessus, je le punis pour qu’il arrête. »

Si un chien grogne, c’est sa façon à lui d’avertir. Un chien qui grogne, c’est un chien qui prévient que la situation ne lui convient pas, qu’il est très mal à l’aise. Si cette situation gênante (pour lui) ne prends pas immédiatement fin, il va devoir “hausser le ton” pour y mettre lui même un terme, et va donc très probablement mordre.En punissant un chien qui grogne, je lui apprends surtout à mordre sans prévenir ! Nous sommes certainement d’accord pour dire que c’est quelque chose qu’on cherche absolument à éviter !!
Aussi, si ton chien grogne, tu comprends maintenant qu’il est inutile et contre-productif de le gronder ou de le punir. Respecte simplement ce qu’il demande, et prends rapidement contact avec un.e éducateur.trice canin comportementaliste, afin d’apprendre comment gérer et régler ce problème. 


« Un chien ne doit avoir qu’un seul maître. »

Je vais finir par me faire des ennemis, si je dis que c’est encore une trop vieille légende urbaine, tout droit héritée de la théorie de la dominance… Bon, et bien tant pis !!
Pourquoi un chien vivant au sein d’une famille ne devrait-il avoir qu’un seul et unique humain d’attachement ? Il aime chaque membre de sa famille, et entretient une relation particulière avec tout un chacun.
C’est pourquoi tous les membres de la famille peuvent le sortir, le nourrir, jouer avec lui, etc… Et heureusement, pour nous comme pour lui !! 😀




2. Les idées reçues sur l’éducation canine.

En terme d’éducation canine, tout le monde vous donnera son avis ! De tata Germaine qui a toujours eu des chiens, au copain qui a « maté son rot’ dès le départ », la voisine qui vous expliquera comment faire pour qu’il ne saute pas… Bref, ces recommendations, souvent données avec de bonnes intentions, sont parfois pour le meilleur pour votre chien, et parfois pour le pire.

« Je ne veux pas utiliser de friandises car je ne veux pas que mon chien obéisse pour de la nourriture. Je veux qu’il m’obéisse parce qu’il me respecte/parce qu’il m’aime. »

Les chiens sont des créatures opportunistes, c’est à dire qu’ils agissent en fonction de leurs intérêts, de ce qu’ils convoitent, ou non, à un instant T. Un chien obéira donc pour 2 raisons :
Par choix : le chien est gagnant, il obtient quelque chose qu’il désire en choisissant d’adopter un comportement spécifique, qui nous convient. C’est la méthode qu’on apprend à appliquer lorsqu’on travaille en renforcement positif.
Par peur : le chien est majoritairement perdant, il n’obtient qu’un apaisement temporaire de la situation. Ces méthodes basées sur l’intimidation et la pression (physique ou psychologique) sont plutôt utilisées en dressage dit traditionnel.

Sachant cela, il vous appartient donc de choisir pour laquelle de ces deux raisons souhaitez-vous que votre chien vous écoute. Mais il est certain que votre compagnon n’obéira pas purement et simplement « pour vous ». Si vous en doutez encore, demandez-vous si vous exécutez les demandes de votre patron juste « pour lui » ? Par peur ? Ou plutôt par intérêt personnel (un salaire par exemple) ? 😉

« Laissons-les, ils savent ce qu’ils ont à faire. Ils vont se débrouiller. Puis ça ne lui fera pas de mal d’être recadré. »

Si les chiens communiquent grâce à un réel langage qui leur est propre, et savent en effet se comprendre, notre société humaine leur impose des conditions de vie qui sont bien loin des conditions naturelles. D’autres ressources (jouets, humains, nourriture, canapé, etc..) et d’autres stress (espace restreint, laisse, bruits soudains, etc…) sont en jeux.
De plus, il arrive bien souvent que les chiens aient fait de mauvais apprentissages, et aient appris à ignorer les signaux émis par les autres chiens. Ainsi, par exemple, être trop souvent ou mal recadré (car tous les chiens ne sont pas des as de la communication), peut s’avérer marquant pour un chien. Ce peut être une source de laquelle pourra découler plus tardivement des problèmes comportementaux.
C’est pourquoi je considère qu’il nous appartient, à nous humains, d’intervenir, et d’encourager nos chiens à adopter des comportements polis entre eux, qu’il s’agisse du notre, ou du chien d’en face.


« Il ne faut pas caresser ou rassurer un chien qui a peur, car cela le conforte et le renforce dans ses craintes. »

Encore un vieil héritage du dressage traditionnel qui n’est finalement qu’une mauvaise connaissance du fonctionnement cognitif canin.
S’il est vrai que l’on peut renforcer un comportement, on ne peut cependant pas renforcer une émotion. Et la peur est précisément une émotion.
Rassurer un chien apeuré permet au contraire de lui faire comprendre que vous êtes là pour lui et qu’il peut compter sur vous même dans les moments difficiles auxquels il doit faire face. Écoutez-la peur de votre chien et aidez-le de votre mieux. Afin que votre chien prenne confiance et se rassure, cette peur devra être travaillée en parallèle.


« Si je récompense mon chien quand il aboie, je vais renforcer l’aboiement. »

Comme bien souvent en éducation canine, la réponse est « ça dépend ».
– Si votre chien aboie par peur, par panique, par débordement d’émotions, il est fort probable qu’il ne prenne pas la nourriture. La première chose à faire est donc de l’éloigner de ce qui l’effraie, bien avant de lui reproposer de la nourriture.
– S’il aboie pour s’occuper, par ennui, on récompensera avant le déclenchement, ou bien le silence entre deux aboiements, selon ce qu’est capable de vous offrir votre chien. Il apprendra à force de répétitions qu’on peut observer ce qu’il se passe sans nécessairement vocaliser en plus.
– Si votre chien aboie pour attirer votre attention, et dans ce cas uniquement, il est effectivement important de ne surtout pas récompenser ! Ni avec une friandise, ni par un geste, un mot, ou un regard ! Sinon, vous le récompensez ! 😉


« Mon chien est trop vieux pour apprendre. »

Comme chez les humains : il n’y a pas d’âge pour apprendre ! Et heureusement ! Sinon nos vies seraient tristes, longues et ennuyeuses ! 😉
S’il est vrai qu’un animal âgé apprendra plus lentement, ce n’est pas exclusivement la faute de son grand âge et de ses capacités cognitives. En effet, un animal sénior à derrière lui des années de conditionnement ! Aussi pour démonter l’apprentissage en question (aboiements, réactivité, destructions, etc…), il faudra simplement plus de temps et de patience.


« Pour lui apprendre la propreté, il faut lui mettre le nez dedans. »

Cette croyance encore malheureusement trop répandue et à mon sens ignoble ne fera qu’au mieux, retarder l’apprentissage de la propreté. En effet, selon la sensibilité de l’animal, ce genre de punitions (souvent accompagnées de menaces et de secousses/violences physiques) pourra provoquer un stress plus ou moins fort, qui peut pousser votre chien à la coprophagie (ingurgiter ses propres déjections). Il fera cela dans le seul et unique but de ne plus subir ce genre de traitements.
Ce peut être une véritable naissance d’une relation basée sur la peur, qui peut mener à d’autres problèmes comportementaux.
Il est temps que cesse cette pratique, car il existe bien d’autres solutions, bienveillantes et amusantes, pour apprendre à votre compagnon à ne plus se soulager au salon.




« Pour le punir, il faut l’attrapper par la peau du cou, comme le fait la mère. »

Dans la série des idées reçues, celle ci a particulièrement, si je puis dire, la peau dure… On met souvent en avant le côté éducatif maternel, mais personnellement, je n’ai jamais vu aucune mère se comporter de la sorte pour réprimander sa progéniture. De plus, cette prise est vécue par le chiot comme une véritable mise à mort ! En effet, cette attitude correspond plutôt à la manière dont un chien secoue une proie qu’il a attrapée dans le but de la démembrer, de la blesser, avant de la tuer. C’est donc une réelle menace, cette technique est donc à proscrire. C’est aussi valable pour toute technique dite de soumission consistant à plaquer un chien au sol sur le dos, lui pincer les oreilles, piquer le point de soumission etc… Des solutions différentes et bienveillantes existent.


« Il faut toujours ignorer un chiot qui pleure la nuit. »

Un chiot est un petit bébé qui a perdu d’un coup sa maman, sa fratrie et son environnement sécurisant. C’est aussi un tout jeune être social qui a besoin d’accompagnement sur les premières nuits et qui n’a jusqu’à cet instant, jamais été laissé tout seul ! Être disponible pour votre chiot dans ce moment délicat permettra de le rassurer, et de lui donner confiance en ses humains. Les premières nuits sont pour moi des moments exclusifs et précieux, auxquels ne peuvent s’appliquer les conseils habituels (souvent relatifs à l’hyper-attachement). Vous pouvez donc tout à fait dormir avec lui (sur le canapé, dans le lit, etc) ou proche de lui, du moment que cela le rassure et que cela reste un accompagnement émotionnel temporaire, afin de l’aider à s’adapter. Vous déplacerez petit à petit son panier vers sa place définitive lorsque vous le sentirez prêt.



« Le renforcement positif ne marche pas avec mon chien. »

Selon la définition du behaviorisme, le renforcement positif, c’est simplement l’observation de l’augmentation de la fréquence d’un comportement. Par exemple, quand votre chien gratte à la porte pour qu’on lui ouvre, et qu’il obtient ce qu’il veut (ce qui est pour lui une conséquence positive), alors ce comportement (gratter à la porte) se reproduira à l’avenir, lorsque votre chien voudra franchir la porte.
C’est pourquoi, si l’on connait la/les réelles motivations de notre chien, le renforcement positif ne peut que fonctionner.


« Mon chien ne m’obéira que si j’ai de la nourriture sur moi ! »

Si votre chien n’obéit que lorsque vous avez de la nourriture avec vous, c’est qu’il n’a pas (encore) clairement assimilé ce que vous attendez de lui. Autrement dit, il fonctionne actuellement au leurre. En somme, le chien s’exécute parce qu’il sait que j’ai de la nourriture pour lui.
Lorsqu’un chien maîtrise pleinement un comportement, il est tout à fait capable de le produire sans avoir de récompense alimentaire.

De plus, travailler en renforcement positif, ne veut pas dire utiliser systématiquement et uniquement de la nourriture. Il existe une foule de renforçateurs ! Notre imagination seule est limitante. 😉


« Mais alors je vais devoir récompenser mon chien toute sa vie ?! »

Umh… La réponse n’est ni oui, ni non mais plutôt un subtil cocktail de nuances.

  • Oui, il faudra le récompenser tout au long de sa vie. De la même manière que lorsque vous appuyez sur un interrupteur, la lumière surgit, inlassablement. De la même manière que nous travaillons tout au long de notre vie pour une récompense bien humaine : le salaire.
  • Cependant, la récompense sera différente selon le niveau du chien. Au fil des répétitions, des années, votre chien deviendra plus aguerri, plus performant. On le récompensera donc après un effort plus long, plus intense. N’oublions pas que la récompense est intimement liée à l’effort que doit fournir votre chien pour produire le comportement souhaité.
  • Une récompense n’est pas forcément alimentaire ! Si l’on considère qu’une récompense est TOUT ce que le chien désire à un instant T, vous pouvez donc récompenser votre chien de diverses façons : lancé un bâton, partir en balade, descendre de la voiture, avoir la permission de monter sur le lit, détacher la laisse, un moment de jeux avec des copains chiens, aller se baigner, partager une activité sportive, lancer une friandise en l’air, demander un comportement qu’il affectionne particulièrement, une grattouille, accéder à une odeur… AND SO ON !!


« Je ne veux pas travailler avec de la nourriture, car mon chien risque d’en devenir obsédé. »

Les chiens sont généralement des animaux plutôt gourmands. Le fait que votre chien devienne « food addict » ne dépend ni de nous, ni de nos moyens éducatifs. Il s’agit simplement d’un tempérament naturel, qui s’exprimera, ou non.

Cependant, le renforcement positif qui utilise la récompense alimentaire va permettre de nourrir votre chien plus souvent au cours de la journée, de façon imprévue, et à des moments variés. Le temps d’ingestion étant augmenté, la sensation de faim sera moins présente ! Votre chien ne ressentira donc plus ce manque alimentaire, et la tension qui lui est liée se verra réduite.

Sans compter qu’aujourd’hui, il n’existe aucune étude scientifique prouvant le lien entre l’éducation à la croquette et le fait qu’un chien soit « à crocs” à la nourriture. 😉


« Je vais prendre un second chien pour m’aider à résoudre les problèmes du premier. »

Que votre chien s’ennuie, ne supporte pas la solitude, soit réactif, détruise, aboie… Bref, quelque soit sa problématique comportementale, prendre un deuxième chien dans le but de l’aider (lui montrer l’exemple, l’éduquer, etc..) ne sera jamais une solution.

En effet, plus on a de chiens, plus on augmente le risque d’avoir des problèmes variés. Agir ainsi revient à prendre les risques suivants :

  • Votre premier chien n’apprendra pas du second.
  • Votre premier chien développera des troubles qu’il n’avait pas auparavant.
  • Votre second chien développera des troubles qui lui sont propres.
  • Votre second chien reproduira les mêmes troubles que votre premier chien.

Vous risquez de vous sentir rapidement dépassé.e par les événements, et replacer un chien n’est jamais quelque chose d’agréable. Aussi il est préférable d’aller voir un éducaeur.trice comportementaliste afin de régler les soucis actuels, avant d’augmenter votre charge mentale, votre implication, votre peur, le temps que vous accordez à votre chien, etc..


3. Mieux connaître le meilleur ami de l’Homme.

Certaines vieilles idées reçues perdurent encore aujourd’hui dans la croyance populaire. Ces légendes sur les chiens peuvent nous induire en erreur dans le quotidien, mais aussi dans la façon que nous avons de les éduquer. Autant de réfléxions infondées qui sont dues à une méconnaissance de ceux qu’on appelle pourtant les meilleurs amis de l’Homme.

« Le chien voit en noir et blanc. »

S’il est vrai que le chien discerne moins bien certaines couleur (principalement le vert et le rouge), on ne peut non plus affirmer que sa vision se limite au noir et blanc. Selon de récentes études, la vision du chien s’apparenteraient plus à celle d’une personne daltonienne. Cela s’explique principalement par le fait que l’œil canin ne possède que deux photorécepteurs, contrairement à l’œil humain qui en compte un supplémentaire.
Cependant, les chiens sont capables de repérer bien plus facilement que nous les objets en mouvement (étant donné que ce sont initialement des prédateurs) et sa vision nocturne dépasse largement celle de l’Homme.


« Le chien n’a pas la notion du temps. »

Je crois que celle-ci est ma préférée ! Quelle plus belle excuse pouvait-on s’inventer pour se déculpabiliser de laisser nos chiens domestiques à la maison pendant nos longues et nombreuses journées d’absence où nous partons travailler ?
Le calcul du temps est un concept exclusivement humain. Aussi, si les chiens n’ont pas la notion du temps au sens où ils ne le découpent pas en heures de 60 minutes (comme tous les autres animaux non-humains d’ailleurs), ils savent très bien à quel cycle de la journée on se situe ! Tout comme si n’aviez pas de montre, vous seriez capable d’estimer à la qualité de la luminosité si c’est le matin, l’après-midi, le soir ou la nuit.

Il me semble judicieux de préciser que la mémoire des chiens est épisodique, c’est-à-dire qu’ils sont capables de se souvenir d’événements passés mais sans pouvoir les resituer dans un contexte précis. Leur seule réalité connue au jour d’aujourd’hui est donc le présent, ils n’auraient pas conscience de l’existence d’un passé ou d’un futur. C’est pourquoi la notion de timing est essentielle en éducation canine : inutile de le récompenser par une friandise parce qu’il s’est bien comporté tout du long de votre balade, ou de le punir si vous retrouvez un pipi en rentrant chez vous. Dans les deux cas, votre chien ne fera pas le lien avec la raison de votre récompense ou de votre punition.

On pourrait citer en contre-exemple le fait que certains chiens attendent le retour de leur humain derrière la porte. Tout est une question de routine et de conditionnement : s’ils entendent le même bruit tous les jours au moment où vous rentrez habituellement du travail (le bruit des pneus sur le parking, la porte du hall qui s’ouvre, les clefs, etc), ils apprendront à force de répétitions que ces stimulus annoncent votre retour soudain.


« Un chien qui remue la queue est un chien content. »

C’est l’une des idées reçues concernant les chiens la plus dangereuse ! Car un chien qui bat de la queue n’est pas forcément heureux de vous voir ! Le langage canin est plus complexe et plus profond que cela. On ne peut limiter l’analyse de leur émotionnel à ce seul comportement. Une queue battante traduit une certaine forme d’excitation face à des stimulations. Mais ce peut être de l’excitation lié à la crainte, à l’agressivité, au contentement, à la joie, etc.. Pour bien lire le chien, il est essentiel de prendre en compte tous les signes non verbaux de son corps : la position de sa tête, de ses oreilles, sa tension musculaire, son attitude corporelle globale, sa piloérection (crête), etc..


« Tous les chiens sont de bons nageurs/aiment l’eau. »

S’il est vrai que beaucoup de chiens apprécient l’eau et aiment se baigner, ce n’est pas le cas de tous. Certaines races, comme le Bouledogue Français par exemple, sont de par leur morphologie de très mauvais nageurs. La noyade, véritable urgence vétérinaire, survient bien souvent par épuisement. C’est pourquoi il faut toujours garder un œil sur son compagnon lors des activités aquatiques.


« Ton chien doit avoir chaud avec tout ces poils, tu devrais le tondre. »

Contrairement à cette croyance populaire largement rependue l’été, tondre son chien n’est pas du tout une solution recommandée pour l’aider à lutter contre la chaleur. Les chiens ne transpirent pas de la même manière que les humains : ils évacuent la chaleur par les coussinets des pattes et la bouche, et non par le poil sur les flancs. Le poil agit comme une couche d’isolation thermique, c’est une réelle de protection contre la chaleur (et le froid !) qui leur permet de mieux vivre les variations de températures que nous.




« Mon chien n’a pas besoin de balades, il a la chance d’avoir un jardin. »

Un jardin n’est qu’une pièce supplémentaire, une extension de votre maison. Même si votre chien apprécie sans doute d’en avoir un à disposition, il n’empêche que lorsqu’il y va, il y trouve toujours les mêmes odeurs, le même visuels, les mêmes stimulations…
Rappelez-vous du confinement ! Une fois que nous avons eu réparé les objets cassés, rattrapé le retard administratif, et pris du bon temps pour nous ressourcer, notre seule envie était de sortir, de voir autre chose, de retrouver des amis ou de rencontrer de nouvelles personnes !
Il en va de même pour nos chiens ! C’est pourquoi il est indispensable de leur offrir très régulièrement des balades en extérieur afin de répondre à leurs besoins, contribuant ainsi à leur équilibre émotionnel et social.



« Une chienne doit faire au moins une portée au cours de sa vie, ou avant d’être stérilisée.»

Encore une fois, ce sont des légendes ! À ce jour, aucune étude médicale ou scientifique ne permet d’affirmer cette idée faussement (et largement…) répandue. Attribuer à la chienne un désir d’enfant qu’elle devrait assouvir est un comportement typiquement anthropomorphique ! Le fameux instinct maternel ne se développe qu’une heure (environ) après la mise bas. Et chez certaines chiennes, ce phénomène peut ne pas se mettre en place, c’est pourquoi elles sont susceptibles d’abandonner leur portée. Le fait de ne pas mettre bas ne change absolument rien à la santé de votre chienne ; aussi évitons de remplir inutilement les refuges et les SPA.


« Un chien qui a mordu, aura désormais le goût du sang, il remordra donc obligatoirement. »

Lorsqu’un chien mord, il y a toujours un contexte et un environnement qui permettent de justifier son choix. Le chien qui décide de mordre, ne le fait pas par goût, mais en réponse à quelque chose qui l’effraie, le met mal à l’aise, etc… Si cette logique était fondée, les chiens nourris au cru (B.A.R.F.) attaqueraient tous les humains et les animaux vivants pour s’en repaître, puisque ceux-ci sont essentiellement composés de chairs et de sang. Ce régime alimentaire ne les rends pas plus agressifs que les autres chiens, il s’agit simplement d’une légende absurde, le goût du sang n’existe pas chez les chiens.

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